Vous êtes ici : FRPionniers

« C’était très excitant d’être un pionnier »

Pascal Ory, professeur d'histoire à l'UVSQ de 1991 à 1998, où il a fondé le département d'histoire et créé le centre d'histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC)

le 1 octobre 2016

Vous faites partie des « bâtisseurs » de l’UVSQ, racontez-nous cette période que vous qualifiez d’âge d’or.

Pascal Ory : J’ai été élu comme professeur d’histoire contemporaine à l’UVSQ l’année de sa fondation. C’était très excitant d’être ainsi un pionnier : nous avions à la fois la liberté d’action et les moyens financiers pour agir concrètement. La conjoncture politique était alors très favorable à l’enseignement supérieur. J’ai pu créer le département d’histoire et recruter de nombreux enseignants-chercheurs, couvrant les quatre périodes de l’Histoire, antique, médiévale, moderne et contemporaine. En parallèle, les formations s’ouvraient, en quelque sorte par les deux bouts. Je ne voulais pas attendre cinq ans que les étudiants de première année achèvent leur cursus pour ouvrir un diplôme de troisième cycle : nous avons donc créé une maîtrise et un DEA (entre autres avec l’école d’architecture de Versailles) avant d’avoir une licence complète.

Vous avez également joué un rôle déterminant dans le développement de la recherche en histoire.

P.O. : Pour se démarquer, une université nouvelle doit développer des axes de recherche spécifiques. J’ai donc proposé qu’à l’UVSQ l’identité de la recherche en histoire fût l’histoire culturelle. Ce courant était émergent et prometteur, et c’était mon domaine de prédilection : j’ai su à 7 ans que je deviendrais historien, et à 17 ans que je me consacrerais à l’histoire culturelle… J’avais ainsi soutenu à Nanterre une thèse d’État sur la politique culturelle du Front populaire français. À Saint-Quentin-en-Yvelines, j’ai créé le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines (CHCSC), qui reste le seul laboratoire en France à se consacrer exclusivement à l’histoire culturelle du contemporain.

Pour donner vie au CHCSC, vous avez l’idée d’organiser des séminaires sur des thèmes assez innovants à l’époque.

P.O. : En effet, comme nous ne pouvions pas encore nous appuyer sur les étudiants de troisième cycle et les doctorants trop peu nombreux, l’idée d’organiser des séminaires de recherche avec l’aide de professionnels extérieurs s’est imposée. Nous y abordions des thèmes comme « la photographie et l’histoire » ou « l’approche genrée de la culture ». Ces séminaires ont contribué à faire du CHCSC un véritable lieu d’identité de cette spécialité.