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Elle reçoit le prix Irène Joliot-Curie

Nathalie Carrasco | CHIMIE

le 1 octobre 2016

Docteure en chimie, enseignante-chercheuse, directrice de l’équipe de recherche « chimie des atmosphères ionisées » au Latmos (Laboratoire atmosphères milieux et observations spatiales), Nathalie Carrasco a reçu le 14 septembre 2016 le prix Irène Joliot-Curie de la « jeune femme scientifique ».


Pourquoi avoir choisi Titan, le plus gros satellite de Saturne, comme objet de vos recherches ?

Titan est un objet unique dans le système solaire. Il est le seul corps doté d’une atmosphère essentiellement faite d’azote, comme sur Terre. Autre ressemblance intéressante, la pression à la surface de Titan est de 1,5 bar, c’est-à-dire proche de celle de la Terre. Il n’y a cependant pas d’oxygène, qui est un grand marqueur de la vie terrestre actuelle. En termes d’atmosphère, nous avons donc sous nos yeux une petite jumelle de la Terre primitive avant que la vie n’y apparaisse.

Qu’est-ce que vos recherches nous apprennent sur les conditions d’apparition de la vie sur Terre ?

L’atmosphère est une source de molécules utiles pour le vivant. La chimie dans l’atmosphère de Titan conduit à la formation d’un brouillard permanent composé de grosses molécules organiques. Ces molécules sont riches en azote et s’apparentent aux briques utilisées par le vivant sur Terre. Ces recherches permettent de comprendre comment l’atmosphère a accompagné l’apparition de la vie sur Terre en lui fournissant les matériaux de construction indispensables, en grande quantité et à l’échelle de toute la planète.
 

Que représente le prix Irène Joliot-Curie pour vous ?

Ce prix récompense l’excellence de la recherche menée par les femmes en France, sur le modèle de la grande femme scientifique et engagée qu’a été Irène Joliot-Curie. Elle a non seulement reçu le prix Nobel de chimie en 1935 pour ses travaux sur la radioactivité artificielle, mais elle a également participé à la création du CEA après la 2e guerre mondiale. Quel honneur de recevoir ce prix de la main de sa propre fille, Hélène LangevinJoliot ! Je me sens très humble devant un tel parcours, mais je suis fière de porter de telles valeurs et de participer à ma façon à ce dynamisme des femmes françaises dans la recherche internationale.
 

Vous êtes chargée de mission pour l’égalité hommes-femmes à l’UVSQ. Cet engagement est aussi récompensé par ce prix. Qu’est-ce que les femmes apportent à la recherche ?

Dans les classes scientifiques que j’encadre à l’université, les jeunes femmes réussissent aussi bien que les jeunes hommes. Donc, bien sûr, il faut amener ce vivier d’excellence à la recherche. Je constate aussi que lorsque la parité est à peu près atteinte dans un groupe de travail, l’ambiance y devient plus naturelle et équilibrée. Cela développe la confiance et favorise les échanges ouverts et riches, ce qui est crucial pour une recherche dynamique et de qualité. 
 

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